
Rien ne l’obligeait à s’engager. Il est mort à 6 000 km de chez lui, à Franconville (Val-d’Oise) dans un pays et un continent sous le feu et les ténèbres de la barbarie nazie.
Soldat volontaire pour l’armée américaine, le sergent Francis Paul Hurteau, employé d’une compagnie électrique dans le civil, n’avait que 22 ans lorsqu’il débarqua du navire William W. Loring en Normandie, sur la plage d’Omaha Beach (Colleville-sur-Mer) le 2 juillet 1944, avec le 113e groupe de cavalerie, dit « Cheval Rouge », quelques semaines après le Day-D (6 juin 1944).
Originaire de l’État de New York
Natif de Malone, le 24 mai 1922 et habitant à Norfolk, dans l’État de New York, près de la frontière canadienne, il perdra la vie le 28 août 1944 à Franconville, à près de 6 000 km de chez lui, après deux mois de combats, tué d’une balle dans la tête, après que son char fut touché par un obus allemand de 75 mm.
Francis Hurteau sera d’abord inhumé dans le carré militaire du cimetière de Franconville le 31 août 1944, avant que sa dépouille ne soit rapatriée en octobre 1948, dans le cimetière de Malone.
Francis Hurteau avait reçu une instruction militaire au camp de Hood (Texas), avant d’être transféré au camp de Polk (Louisiane). Il avait rejoint l’Angleterre en décembre 1943.
La Ville de Franconville n’a jamais oublié ce militaire américain qui a donné sa vie pour libérer la France de l’occupation nazie. La rue du Sergent-Francis-Hurteau (anciennement Chemin de la Justice) fut inaugurée dès le 25 août 1946 entre la rue de la Station et la chaussée Jules-César. La plaque est fleurie chaque année par la municipalité.
Exposition en mairie
Une nouvelle plaque a été installée le 28 août 1994, pour le 50e anniversaire de sa mort. Alors que le 80e anniversaire de la libération de la Ville sera célébré le 1er septembre, une exposition est organisée jusqu’au mercredi 4 septembre, dans la salle du conseil, en mairie, pour rendre hommage au sergent Hurteau.
Historien amateur et passionné « depuis 40 ans, par les personnes qui ont donné leur vie pour la liberté et les guerres qui ont ensanglanté la France, même si je n’en ai fait aucune », le Franconvillois Alain Simonnet, s’appuyant sur le récit d’un compagnon d’armes de Francis Hurteau (M.V.W. Justice), avait raconté dans quelles circonstances le soldat avait succombé.
L’enquête d’Alain Simonnet
Alain Simonnet a longuement enquêté pour retrouver l’histoire et le parcours de Francis Hurteau. « Je suis tombé dessus en cherchant des infos sur des fusiliers-marins de Franconville tombés au Mont Valérien, Léon Clément, René Joly, Albert Gokolaere », explique l’historien, qui, depuis 25 ans, veille au respect de la mémoire des résistants tués durant la Seconde Guerre mondiale, obtenant même la mention « Mort pour la France » pour 239 oubliés, dont deux membres du groupe Manouchian, qui vient d’entrer au Panthéon.
Alain Simonnet a entretenu une longue correspondance avec la famille du Sergent Hurteau ainsi qu’avec le révérend de Malone et l’American Legion (amicale d’anciens combattants). Son travail aboutira à une première exposition en 2006.
« J’avais lancé une bouteille à la mer, j’ai eu de la chance », raconte-t-il avec modestie.
L’histoire de Francis Hurteau et ses camarades, la voici. Quelques semaines après leur débarquement, arrivés en Seine-et-Oise, ils libèrent Ermont, en faisant une quarantaine de prisonniers, puis Sartrouville, où la 113e est accueillie par des foules en délire, avec fleurs, baisers et les meilleurs vins français. Puis les soldats arrivent à Franconville, où ils font face à une embuscade, avec ses bois au nord-ouest de la ville, particulièrement défendus par les nazis.
Leur char touché par un obus
« Leur char s’est présenté à 15h à l’entrée de Franconville. Après quelques accrochages en ville, le blindé a été touché par un obus allemand de 75 mm. Il a pris feu immédiatement, mais ses quatre occupants ont pu en sortir indemnes. Un combat s’est alors engagé contre le groupe d’Allemands, au cours duquel le sergent américain reçut une balle en pleine tête et fut tué sur le coup. Ce soldat volontaire a parcouru 5 578 kilomètres pour être tué lors de la libération de notre ville. Les combats ont continué et le lendemain, les Américains avaient chassé les Allemands de la ville en récupérant deux canons allemands de 75 et 20 mm, tuant quinze d’entre eux et faisant deux prisonniers. »
Les corps de Francis Hurteau et des quatre FFI (Forces françaises de l’intérieur) tués la veille furent déposés dans une chapelle ardente aménagée dans la salle vitrée, qui servait de dispensaire, située dans la mairie.
Stèle à la mémoire de René Hantelle
Une stèle, en mémoire de René Hantelle, a également été posée à l’endroit où le char a été détruit. Ce résistant français, membre des FFI, fut tué alors qu’il guidait les Américains, le long du stade, sur la chaussée Jules-César, à la limite du Plessis-Bouchard. Francis Hurteau n’est pas le seul Américain de sa ville à être tombé pour la France. Dix habitants de Norfolk, commune de moins de 5 000 habitants aujourd’hui, sont morts en France lors des deux guerres mondiales.
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