Depuis le début du mois de juillet 2024, les plongeurs scaphandriers de l’entreprise Romoeuf s’affairent autour du Vieux pont de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Objectif : nettoyer et renforcer les joints immergés scellant les pierres des piles (ou pieds) de l’ouvrage d’art du Moyen Âge.
Le mercredi 14 août, lors de notre passage, l’équipe inspectait une dernière fois son matériel avant de quitter la rive pour s’approcher d’une des piles du pont dynamité en 1940, du côté de la Maison du passeur.
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30 kg de matériel sur chaque plongeur
Une combinaison étanche, un casque relié à la surface par un narguilé permettant de respirer et de communiquer, un couteau pour se libérer d’un éventuel fil de pêche faisant obstacle à la progression ou encore un profondimètre afin de se situer et une bouteille de secours en cas de dysfonctionnement du système principal.
Les 30 kg de matériel embarqués par chaque plongeur scaphandrier à l’œuvre autour du Vieux pont doivent permettre de parer à quasi toutes les éventualités.

Une plongée de trois heures en moyenne
« Nous sommes au minimum trois sur le bateau et nous descendons en alternance », explique Maxime Pelmoine, chef d’équipe du chantier de restauration mené par l’entreprise spécialisée dans les travaux subaquatiques.
« Chaque plongée dure en moyenne trois heures durant lesquelles les deux qui sont restés à la surface surveillent que tout se passe bien pour le plongeur. »
Le temps sous l’eau est limité, car l’azote contenu dans l’air transmis au plongeur par l’un des trois tuyaux du narguilé peut s’accumuler dans le sang et les tissus humains.
Un site particulier
Entre Limay et Mantes-la-Jolie, le site revêt un caractère particulier, même pour ces hommes habitués à sillonner les quatre coins du pays.
« C’est rare de voir deux ouvrages atypiques au même endroit, assure, enthousiaste, Sylvain Romoeuf, le chef de l’entreprise basée à Angoulême (Charente). Comme dirait Napoléon, de la berge, huit siècles nous contemplent entre le Vieux pont datant du XIe siècle et le pont neuf du XIXe siècle conçu par Jean-Rodolphe Perronet (1708-1794), un des plus grands ingénieurs de l’Histoire. »

Un travail mené dans le respect des vieilles pierres
La mission des plongeurs scaphandriers est pour le moment de donner un coup de jeune aux vieilles pierres immergées. « Sous l’effet des courants, les joints se désagrègent peu à peu jusqu’à ce que la pierre se désolidarise et tombe au fond de l’eau », explique Maxime Pelmoine.
Le plongeur de la matinée, Pierre, va donc gratter les moules d’eau douce, les algues et autres résidus à l’aide d’une simple brosse métallique.
« Nous n’utilisons pas de machines, comme un nettoyeur haute pression par exemple, car leur effet est trop violent pour les pierres. Nous travaillons dans le respect de cet élément du patrimoine. »
Un enduit « plus dur que la pierre »
Restés à bord du Kalonec (courageux en breton), ses collègues préparent à sa demande un enduit subaquatique pour combler les zones grattées. « Le mélange de deux produits donne une sorte de pâte à modeler à appliquer au doigt, détaille Maxime Pelmoine. En séchant, l’enduit devient plus dur que la pierre elle-même. »
Plus tard, les pierres fabriquées par l’entreprise Lefèvre dans le respect des méthodes d’antan viendront remplacer celles qui n’ont pas été retrouvées.

« Un effet méditatif »
À six mètres sous la surface, silence et obscurité attendent le plongeur. « Des fois, la plongée a comme un effet méditatif en écoutant le bruit de ma respiration », décrit Pierre.
« Il ne faut pas être claustrophobe, la visibilité est quasi nulle, poursuit Maxime Pelmoine. On développe notre sens du toucher pour se repérer, on utilise la longueur d’une main ou d’un bras pour évaluer les distances. »
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Des découvertes insolites
Il y a de la vie aussi, avec des perches et anguilles, et beaucoup de déchets. « C’est un sacré bazar là-dessous, raconte le chef d’équipe. On a vu beaucoup de tessons de bouteilles, des vélos, une chaussure Barbie, une barque qui a dû couler, une mobylette ou encore un pot d’échappement et les restes d’une voiture (peut-être celle utilisée dans la fameuse scène finale du film Jules et Jim – N.D.L.R.). »
« On a même remonté une mallette de poker. »

Une douche obligatoire à la sortie
En sortant de l’eau, Pierre procède à une douche minutieuse avec un gel désinfectant, car l’eau contient aussi des substances novices, comme les matières fécales rejetées par les bateaux ou les habitations non reliées au tout-à-l’égout.
« Tout le monde s’est beaucoup inquiété pour les triathlètes et les nageurs des Jeux olympiques de Paris 2024, mais nous plongeons dans une eau équivalente toute l’année », conclut Maxime Pelmoine.
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