, Entre les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, une route départementale sème la discorde

Entre les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, une route départementale sème la discorde

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Plus de dix ans de concertation, et un retour à la case départ. La route départementale (RD) 920, qui marque avant Paris la frontière entre les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, ne devrait pas voir de sitôt les aménagements attendus de longue date sur son tronçon nord, qui passe par Arcueil, Bagneux, Cachan et Montrouge.

La procédure en cours a dû être interrompue, le conseil départemental du Val-de-Marne n’ayant pas voté la déclaration de projet dans les délais légaux. Pour les communes concernées, c’est l’incompréhension et la consternation, en particulier à Bagneux, qui demande une relance sans délai d’un projet et d’une enquête publique. « C’est pour nous une question d’égalité territoriale », indique Marie-Hélène Amiable, maire (PCF) de Bagneux, dans une lettre ouverte le 9 juillet 2024.

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« Une très mauvaise nouvelle »

Ce coup d’arrêt est en effet « une très mauvaise nouvelle » pour la commune des Hauts-de-Seine, limitrophe avec Cachan et Arcueil. La réfection de la route, « très dégradée côté Bagneux, accidentogène » et « qui comporte un axe routier beaucoup trop minéral », est un chantier urgent et demandé depuis longtemps par ses administrés, a rappelé l’élue.

Alors qu’une partie de la RD 920 a déjà été rénovée dans le sud des Hauts-de-Seine, les travaux du tronçon nord semblaient sur la bonne voie, après l’avis favorable de l’enquête publique sans aucune réserve rendu en 2022. Ils devaient débuter dès 2025 et durer environ cinq ans pour repenser le tronçon situé entre la sortie de Bourg-la-Reine et la porte d’Orléans.

La feuille de route prévoyait entre autres une réduction de la place de la voiture sur cet axe considéré comme une autoroute urbaine, drainant un flux de plus de 6 millions de véhicules par an. Des pistes cyclables, franchissements piétons, et espaces verts devaient être créés, dans la continuité des travaux déjà réalisés plus au sud.

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« Une parenthèse sur la 920 »

Pourtant, vendredi 5 juillet, le conseil départemental des Hauts-de-Seine n’a eu d’autre choix que d’acter l’abandon du projet. « Toute la procédure est foutue. Il faudrait recommencer à zéro, repartir pour cinq ans de procédure », s’est récrié Georges Siffredi.

Le président (ex-LR) du département a annoncé la couleur : « Je ferai ce qu’il est possible de faire dans les Hauts-de-Seine. Les travaux sur Montrouge devraient aller, parce qu’on est dans les Hauts-de-Seine des deux côtés de la 920. Pour le Val-de-Marne, je n’ai pas la gestion d’Arcueil ni de Cachan. Malheureusement, c’est Bagneux qui va faire les frais, je le regrette, mais je ne sais pas faire la moitié d’une voie. On fera en sorte que ça réponde aux normes, mais il y aura une parenthèse sur la 920. »

Dans le Val-de-Marne, on se renvoie la balle

Contacté, le département du Val-de-Marne présidé par Olivier Capitanio (LR) a justifié son absence de délibération du fait d’une opposition formulée par deux conseillers départementaux du canton d’Arcueil-Cachan lors de la commission permanente du conseil datant du 13 novembre 2023.

« Le Département du Val-de-Marne a dit sa disponibilité pour engager concrètement les travaux prévus dans le cadre de la procédure, avant que celle-ci ne soit remise en cause en Commission permanente du 13 novembre par l’opposition départementale au moment où la délibération conclusive était mise au débat », indique la collectivité.

Le dossier a donc été retiré à l’ordre du jour, « à partir du moment où les deux conseillers départementaux du canton considèrent que le compte n’y est pas, et qu’apparemment il n’existe pas une concertation assez forte avec les deux villes concernées », selon les mots d’Olivier Capitanio retranscrits dans le procès-verbal (PV).

Le projet, qui devait « être revu avec les maires concernés » indique le PV, « n’a jamais été reprogrammé. […] Les maires de Cachan et Arcueil n’ont pas apporté dans les délais la réponse écrite » demandée, précise le département à actu Paris.

Une explication qu’ont réfutée les deux villes concernées auprès de nos confrères du Parisien. Hélène de Comarmond a condamné « une décision catastrophique. […] Je ne comprends pas pourquoi le département du Val-de-Marne n’a pas délibéré et a de ce fait interrompu la procédure. […] On ne peut pas laisser dire qu’on était contre, tout est consigné par écrit », a ajouté l’édile (PS) de Cachan. Quant au maire (EELV) d’Arcueil Christian Métairie, il a indiqué avoir « émis quelques remarques » mais réfute catégoriquement avoir demandé que le projet soit annulé.

Dans une situation financière alarmante, le département du Val-de-Marne devait financer 30 % des travaux dont le budget était estimé à 50 millions d’euros. Les Hauts-de-Seine devaient prendre en charge le reste.

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