En 2002, Monseigneur Éric Aumônier, alors évêque de Versailles, faisait le pari de renouer avec une tradition médiévale, celle de demander la protection de la Vierge Marie à travers un pèlerinage face aux vagues successives de pillages menées par les Vikings au milieu du IXe siècle.
La date du 15 août, marquant dans le calendrier chrétien l’entrée au Paradis de la mère du Christ, est apparue comme la plus indiquée pour créer ce pèlerinage 100 % yvelinois vers la chapelle de Notre-Dame-de-la-Mer.
« On a retrouvé la trace historique d’une succession de constructions de cinq chapelles dénommées Notre Dame de la Mère ou de la Mer sur la commune, l’actuelle ayant été édifiée par l’abbé Lebaru en mai 1867. Les moines y organisèrent des processions, qui avec le temps se raréfièrent. »
L’île de la Merville et les Vikings
Aux origines de ce pèlerinage annuel vers la chapelle de Notre-Dame-de-la-Mer, il y a d’authentiques faits historiques. Des drakkars remontant la Seine, des hordes scandinaves pillant et rançonnant villes comme monastères le long du fleuve avant de se réfugier sur les îles de la Flotte et de la Merville. Tout cela est vrai. Certaines scènes de la série Vikings, produite par la plateforme Netflix, auraient d’ailleurs pu être tournées à Notre-Dame-de-la-Mer si ses créateurs avaient tenu à l’exactitude géographique du récit.
« L’existence d’un camp sur l’île face à l’ancienne commune de Jeufosse est attestée. »

Trop de sources historiques parcellaires pour avoir des certitudes
Les sources parcellaires concernant cette époque lointaine doivent pourtant inspirer la vigilance. « Il existe beaucoup de légendes autour de la présence des Vikings », poursuit le membre des Amis du Mantois.
Alors que les petits-fils de Charlemagne se disputent les terres de son empire, Charles le Chauve règne sur la Francie occidentale, comprenant une grande partie de la façade ouest de l’Hexagone. Des équipages normands, comme on nomme les « Hommes du Nord » à l’époque, entreprennent d’utiliser la Seine comme voie d’accès vers Paris, une bourgade encore loin de la majesté de la capitale actuelle, dont seul le quartier de l’île de la Cité est fortifié.
Un pèlerinage qui réunit un millier de fidèles chaque année
Plus de vingt ans après avoir été ressuscité, le pèlerinage vers Notre-Dame-de-la-Mer est désormais devenu incontournable pour les fidèles. Plus d’un millier de pèlerins se pressent chaque année, le 15 août, sur la route reliant la collégiale de Mantes-la-Jolie, lieu d’une messe à 10 h, à l’église de Notre-Dame-de-la-Mer, où se succèdent confessions et prières.
Les quatre kilomètres de marche à travers champs se déroulent dans une atmosphère de recueillement et de chants, après le traditionnel pique-nique au théâtre de verdure, sur l’île-aux-Dames, à Mantes-la-Jolie. En tête de cortège, une statue de la Vierge Marie guide la procession. Des bus sans réservation sont mis à la disposition des personnes à mobilité réduite pour participer au pèlerinage du 15 août 2024. Une participation financière est demandée
La paroisse de Bonnières informe qu’elle est en quête de bénévoles pour assurer l’organisation d’une journée réussie. Une réunion d’information aura lieu à ce sujet le mercredi 14 août 2024, à 17 h 30, à la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie.
Une chapelle pour remercier qui ?
« L’île de Jeufosse » apparaît dans diverses sources comme une base arrière des équipages danois. De là, ils attaquent, assiègent ou vont réclamer de coûteuses rançons dans les environs. « Toutefois, il n’existe aucune preuve formelle que Mantes-la-Jolie ait été ravagé en 855 », précise Maurice Martin.
Les raisons de l’édification d’une chapelle, lieu d’arrivée désormais d’un pèlerinage très suivi, surplombant la Seine laissent, quant à elles, plus dubitatif. Son nom, qui est aussi celui de la commune nouvelle (fusion de Jeufosse et Port-Villez) crée en 2019, est directement lié à ce passé ancien.
Un chef viking au rôle encore flou
Si les historiens s’accordent sur le fait que la construction de l’église intervient après le ralentissement des incursions vikings sur la façade atlantique, le rôle d’un chef connu sous le nom de Weland ou Wiseland, auquel le premier lieu de culte aurait été dédié, demeure sujet à caution.
« Le Suédois Wiesland avait traversé la mer avec ses mercenaires et s’avançait pour recueillir sa part des trésors de notre patrie, précise le site Internet de la mairie de Notre-Dame-de-la-Mer. 3 000 livres pesant d’argent lui sont offertes s’il veut secourir Charles le Chauve contre Brinon. »

Escale à Port-Villez et naissance d’une légende
Le « barbare » aurait accepté l’offre avant de faire escale à Port-Villez. « Brinon, cerné entre deux armées, capitule et obtient de Wiesland le passage pour retourner à la mer moyennant 7 000 livres d’argent », poursuit le site web municipal. Le chef viking aurait alors été érigé en sauveur et défenseur du pouvoir chrétien. Il se serait alors converti.
D’autres sources évoquent plutôt des conflits internes aux mercenaires scandinaves ayant permis alliances et trahisons avec les souverains de l’époque.
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