, « Je crains le pire » : de mystérieux corbeaux terrorisent les candidats aux municipales des Mureaux

« Je crains le pire » : de mystérieux corbeaux terrorisent les candidats aux municipales des Mureaux

L’ombre de corbeaux 2.0 revient planer sur Les Mureaux (Yvelines), à cinq mois du premier tour des municipales 2026. Après le climat nauséabond de la campagne de 2020, troublée par un déferlement de fausses rumeurs, de menaces et de coups bas dirigés contre les candidats, leurs colistiers et leurs proches, l’histoire semble se répéter de nouveau. Sous couvert d’anonymat, plusieurs profils — sur lesquels 78actu a enquêté — font déjà parler d’eux.

Ce concert de commentaires parfois virulents choque celles et ceux qui s’apprêtent à s’engager, de près ou de loin, dans cette campagne. Les personnes que nous avons interrogées nous ont fait le récit d’une histoire digne d’un polar politique, dont les antihéros seraient des « marionnettes téléguidées par des candidats prêts à nuire et à déstabiliser leurs adversaires », suppose l’une de nos sources. Une charte de bonne conduite serait même en préparation pour garantir un débat politique respectueux et constructif.

À lire aussi

Municipales 2020 aux Mureaux : « Ça a été extrêmement violent »

Aux Mureaux, les élections municipales ont traumatisé certains candidats têtes de liste, de même que leurs colistiers. Sur Facebook, un profil public et inactif depuis juillet 2020 que 78 actu a exploré, comporte encore bon nombre de publications injurieuses, calomnieuses et mises en scène dégradantes dirigées contre certains candidats. Ces messages, dont nous ne publierons pas la teneur, ont laissé des traces.

Candidate de la liste Agir Ensemble en 2020, Agnès Étendart reste encore aujourd’hui profondément marquée par les attaques personnelles « extrêmement violentes » qu’elle a subies « durant les deux tours ». Par téléphone, elle explique avoir déposé plainte à l’époque contre ces faux profils, sans suite.

Je ne m’attendais pas à autant de malveillance. Toutes ces diffamations à mon égard… Ça a été extrêmement dur. »

Agnès Étendart, candidate aux élections municipales aux Mureaux en 2020
Le climat de suspicions des municipales de 2020 aux Mureaux a laissé des traces parmi les anciens candidats.
Les menaces, rumeurs et calomnies diffusées sur les réseaux pendant les municipales de 2020 aux Mureaux ont laissé des traces parmi les anciens candidats. ©Aurélie Duhamel

« Ces gens-là font tout pour nous écœurer »

Colistière d’Agnès Étendart à l’époque, Fatima Cuny (actuelle responsable du groupe local Nord Yvelines EELV) se souvient, elle aussi, avoir été prise pour cible. « On m’a menacée. J’ai reçu des messages en privé sur Facebook qui ont ensuite été effacés. Je ne sais pas si ça avait un lien ou pas, mais j’ai même été cambriolée pendant la campagne de 2020 », nous explique-t-elle. Celle qui se souvient avoir également été « choquée » par les attaques « inadmissibles » subies par François Garay, le maire actuel des Mureaux, l’assure : « Ces gens-là font tout pour nous écœurer. »

« On peut combattre un projet politique, débattre des idées, mais on ne peut pas s’attaquer à l’intégrité morale et physique des personnes. »

Fatima Cuny, responsable groupe local Nord Yvelines EELV

Cinq ans plus tard, « c’est reparti »

Le fait est que, cinq ans plus tard, « c’est reparti », observe encore Fatima Cuny, qui reconnaît que cette situation peut aller jusqu’à « en dégoûter certains de se lancer », bien qu’elle estime être personnellement « vaccinée » par ces attaques. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à tirer la sonnette d’alarme. Ali Mohammad, l’un des cinq candidats (sans étiquette) officiellement déclaré à ce jour pour les élections municipales 2026 aux Mureaux, dit « craindre le pire ».

« Il y a des faux profils, des comptes dormants et sûrement d’autres qui vont arriver. On peut même imaginer que certains iront jusqu’à fouiller les poubelles pour trouver des infos. »

Ali Mohammad, candidat aux élections municipales 2026 aux Mureaux

À lire aussi

Au moins quatre profils anonymes identifiés

Sur Facebook, nous avons identifié au moins quatre de ces profils anonymes. D’après nos interlocuteurs, ils auraient été réactivés ou créés spécifiquement dans le cadre de cette actualité politique. En lisant certains messages, on devine même à quel candidat ils semblent s’adresser. Un candidat justement, Thibaud de Fleury-Fagnère, a notamment été épinglé pour sa position concernant le Front Polisario. Le Muriautin ne préfère ne pas donner d’importance à ces attaques :

« Ces comptes sont créés pour répandre des fake news. Ce sont des méthodes mafieuses. Je souhaite une campagne digne. »

Thibaud de Fleury-Fagnère, candidat aux élections municipales 2026

Ces comptes publient des extraits d’échanges entre élus et membres de l’opposition lors des conseils municipaux, des captures d’écran des résultats de votes, ainsi que des tribunes à caractère politique, parfois énigmatiques. On y trouve aussi des actualités associatives et culturelles concernant la ville. Certains posts, plus offensifs, pointent du doigt des affiliations politiques ou dénoncent des supposés revirements.

« Ces attaques ne m’atteignent pas, si vous saviez tout ce que j’ai pu encaisser depuis 2020, je suis à l’épreuve des balles », réagit Souad Ammori Mostafi, ciblée par l’un de ces profils anonymes.
« Ces attaques ne m’atteignent pas, si vous saviez tout ce que j’ai pu entendre depuis 2020… », réagit la première adjointe au maire Souad Ammouri Mostafi, ciblée par l’un de ces profils anonymes. ©Aurélie Duhamel

Des profils qui règlent leur compte en ligne

L’un de ces profils, baptisé « Entre Muriautins » (et qui s’appelait encore récemment « Les Nouvelles des Mureaux » au début de notre enquête) affirme dans un post publié le 19 octobre 2025 au soir avoir « banni définitivement » un certain Nordine Allali pour des « propos sexistes » et « misogynes » visant notamment l’épouse d’un candidat.

« Nous encourageons les personnes visées par ces propos immondes à porter plainte si elles le souhaitent […] En cas de besoin, nous disposons des captures d’écran attestant de ces messages. »

Un message posté par le compte « Entre Muriautins » sur Facebook

Dans la suite du message, il est écrit que « nous condamnons toute forme de discrimination et d’atteinte à la dignité des personnes ». « Quel que soit notre positionnement politique, rien ne justifie de créer de faux comptes pour propager la haine […]». 

À lire aussi

Des individus manipulés, ou qui agissent seuls ? Difficile à dire…

Qui pourraient bien se cacher derrière ces profils, dont le nombre de followers oscille entre 300 à plus de 2000 ? Un ou plusieurs individus ? Quelles sont leurs intentions ? Simple campagne virulente ou véritable malveillance ? À ces questions posées à l’ensemble des candidats des Mureaux, les réponses sont plus ou moins identiques. Pour Ali Mohammad, il s’agit de personnes « qui ne sont pas étrangères à la vie locale », pourquoi pas proches des cercles associatifs ou politiques.

D’autres, comme Thibaud de Fleury-Fagnère, imagine que ces individus pourraient tout aussi bien être dirigés par certains candidats ou provenir de leur entourage proche. Fatima Lamir, la première femme candidate de cette élection, se dit elle aussi « victime de ces faux profils » au même titre que les autres candidats.

« Je ne cautionnerai jamais toutes ces attaques personnelles. Je suis là pour soutenir mes idées et un programme politique. J’appelle aujourd’hui à une campagne sereine. »

Fatima Lamir, candidate aux élections municipales 2026

Autre possibilité, cette fois évoquée par l’ancienne candidate aux élections de 2020, Agnès Étendart, ces profils anonymes seraient tenus par des personnes qui « agissent de leur propre chef ». Une autre source, qui a souhaité rester anonyme, n’y croit pas du tout. Elle en tient pour indice que certains de ces profils auraient plus tendance à repartager et liker les publications de certains candidats que d’autres. Mais pour l’heure, tous ces arguments ne reposent que sur des suppositions.

« C’est compliqué de savoir qui se cache derrière »

Ancien candidat en 2020 et aujourd’hui élu d’opposition, Hervé Riou affirme auprès de 78actu avoir lui aussi « subi des menaces ». « Il faut voir tout ce que l’on s’est pris dans la tête », narre-t-il. Identifier les auteurs reste quasiment impossible selon lui : « Cela implique des procédures lourdes », dit-il.
Une source policière ajoute que retrouver certains faux profils suppose des réquisitions auprès des opérateurs et des fournisseurs d’accès, et que dans le cas d’une entreprise domiciliée à l’étranger comme Meta (la marque Facebook), l’accès aux données s’avère encore plus complexe.

Pour la première adjointe au maire, « ça risque d’être de plus en plus virulent »

Du côté de la majorité, cette histoire semble aussi scrutée avec attention. La première adjointe au maire, Souad Ammouri Mostafi, garde en mémoire le souvenir de 2020. Tout ceci la dépasse. « Je n’ai pas pour l’habitude d’utiliser les réseaux sociaux pour laver mon linge sale, je ne suis pas de cette génération », démarre celle qui s’attend à ce que les attaques s’intensifient dans les prochaines semaines. L’élue de 53 ans réagit aux publications qui ont déjà été éditées à son encontre :

« Si vous saviez tout ce que je me suis déjà pris dans les dents… Je suis là pour débattre des idées et les affirmer sans me cacher. Je préfère un débat franc. »

Souad Ammouri Mostafi, première adjointe au maire

« C’est la ville qui est prise en otage avec »

Tous, encore, convergent sur un point : cette guerre des réseaux risque de ternir l’image de la commune. « Il faut que les gens comprennent que c’est la ville qui est prise en otage avec ces conflits », insiste Souad Ammouri Mostafi, qui révèle que sa candidature « peut être une éventualité », bien qu’elle n’ait rien officialisé pour le moment. Pour Ali Mohammad, cette situation entraîne suspicion et méfiance. Pas bon pour la démocratie locale.

« On observe déjà une déconsidération de la question politique, alors il faut que les candidats fassent preuve de maturité. D’autant plus qu’il y a des personnes qui ne s’informent uniquement via les réseaux, il faut faire attention à ces fake news. »

Ali Mohammad, candidat aux élections municipales 2026

Damien Vignier, lui aussi candidat aux élections municipales et cinquième adjoint au maire chargé des sports et de la santé, dit « s’attendre à tout » mais ne souhaite qu’une chose : que cette campagne soit la plus digne possible.

« Les Muriautins ont envie qu’on leur parle des Mureaux, et non du reste. Il faut impérativement respecter la dignité des candidats et de leurs familles, car la ville ne sortira pas grandit de ce type d’action. »

Damien Vignier, candidat aux élections municipales 2026

La rédaction d’une charte d’éthique serait en cours

D’après nos informations, les candidats travailleraient sur la création d’une charte éthique et de bonnes conduites pour que les élections municipales se passent dans les meilleures conditions. Ali Mohammad suggère quant à lui l’organisation d’un débat démocratique sain et respectueux, pourquoi pas à l’Espace des Habitants des Mureaux, avec l’ensemble des candidats.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.

Source

En résumé, DMJarchives.org se positionne comme un gardien vigilant de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès sans précédent à une multitude de trésors d’archives numériques. Avec un engagement ferme envers la préservation de la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives redonne vie aux documents historiques disparus, les rendant accessibles à tous. Grâce à une organisation méticuleuse par territoire, cette plateforme permet une plongée immersive dans l’histoire de chaque ville et commune francilienne. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque riche en images digitales, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région. En somme, en archivant méticuleusement ces témoignages du passé, DMJarchives.org s’érige en véritable gardien de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette précieuse plateforme pour découvrir et redécouvrir les trésors cachés de la région, archivés pour les générations futures.