, Quand la mairie de Paris organisait un concours de dératisation (et pourquoi cette initiative pourrait revenir)

Quand la mairie de Paris organisait un concours de dératisation (et pourquoi cette initiative pourrait revenir)

, Quand la mairie de Paris organisait un concours de dératisation (et pourquoi cette initiative pourrait revenir)

En 1901, face à une invasion de rats sans précédent, la mairie de Paris a imaginé une solution inédite : un concours pour récompenser les meilleurs dératiseurs. Aujourd’hui, alors que les rongeurs pullulent encore, pourrait-on s’inspirer de cette initiative historique ? (Non).

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C’est une discipline qu’on aurait (ou pas) aimé voir aux Jeux olympiques de Paris 2024… Un concours de dératisation ! Mais avant d’entrer dans les détails : un peu de contexte. En 1901, Paris était confrontée à un fléau grandissant : les rats. Ces rongeurs avaient envahi la ville, se faufilant dans les rues, les égouts, les caves et même les logements. « Ils trottinent à travers les chambres, les couloirs, escaladent les meubles, dévastent les buffets, la bibliothèque, la cuisine », rapportait un journaliste de La Cocarde le 25 décembre 1901. Leur nombre était estimé à trois millions dans la capitale. Les rats étaient bien plus qu’une simple nuisance. En plus de leur capacité à endommager les stocks alimentaires, ils étaient porteurs de maladies graves telles que la peste bubonique, la leptospirose et la toxoplasmose. Leur prolifération était amplifiée par les infrastructures de la ville, en particulier les égouts et les caves abandonnées, où ils trouvaient des refuges parfaits pour se reproduire à grande échelle.

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Le premier capitaine de raterie

Pour tenter de contrôler cette invasion, la mairie de Paris a organisé un concours inédit en 1901. Cette initiative visait à mobiliser les meilleurs spécialistes de la dératisation pour éliminer les rongeurs des différents quartiers de la ville. Louis Rouvray écrivait dans Le Figaro du 31 décembre 1901 : « On leur a donné à chacun un lot à purger de ces rongeurs malins et sournois, le privilège de détruire les rats de Paris devant être accordé à celui qui aurait obtenu les meilleurs résultats ». Les dératiseurs en compétition ont commencé par étudier minutieusement leur terrain. Mais très vite, l’ampleur de la tâche a effrayé la plupart d’entre eux. Un seul concurrent est allé au bout de ses efforts, présentant un résultat suffisamment convaincant pour que la mairie lui propose un poste permanent. Il devint ainsi le premier capitaine de raterie, un écho moderne aux capitaines de louveterie, autrefois chargés de chasser les loups dans les campagnes françaises.

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« Salami de rats sauce Robert »

Avant ce concours, de nombreuses méthodes avaient été testées pour contrôler la population de rats. Des opérations de gazage au sulfure de carbone, l’utilisation de poisons comme l’arsenic, ou encore les tristement célèbres « ratodromes », où des chiens étaient dressés pour tuer des centaines de rongeurs, figuraient parmi les pratiques de l’époque. Pendant le siège de Paris de 1870-1871, les Parisiens affamés avaient même cuisiné des rats, les servant dans des plats tels que le « salami de rats sauce Robert » ou le « pâté de rats aux champignons ». Et moi qui me plains de manger essentiellement des pâtes carbo… Malgré ces tentatives parfois extrêmes, les rats parisiens, des surmulots intelligents et adaptés à la vie urbaine, continuaient de prospérer. Ils savaient éviter les zones trop fréquentées par les humains et s’établissaient dans des lieux inaccessibles comme les cimetières ou les usines abandonnées. En bref, ils étaient insaisissables.

Plus de rats que de Parisiens

Et ils le sont toujours ! Aujourd’hui, les rats sont toujours omniprésents dans la capitale. La mairie de Paris estime qu’il y a entre trois et quatre millions de rongeurs dans la ville, soit environ 1,5 par habitant. Face à leur prolifération, la municipalité a mis en place en 2017 un plan d’action doté de 1,5 million d’euros. Ce programme comprenait l’installation de grillages sur les plaques d’égout, l’intensification des opérations de nettoyage, et une sensibilisation accrue des habitants pour limiter les déchets alimentaires accessibles aux rongeurs. Mais ces efforts restent insuffisants pour contrôler efficacement leur nombre, surtout dans un contexte de réchauffement climatique qui favorise leur reproduction.

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Évidemment, s’inspirer du concours organisé est impensable, ne serait-ce que pour la barbarie de la chose. Comme le rappelait Olivier Thomas, rédacteur en chef adjoint à L’Histoire et coauteur de l’ouvrage collectif Les Animaux dans l’histoire dans Le Point, « détruire tous les rats, c’est impossible, et ce ne serait pas souhaitable. Cela impliquerait des méthodes biocides catastrophiques d’un point de vue environnemental. De plus, les rats jouent un rôle écologique en consommant des déchets et en contribuant à la régulation des écosystèmes souterrains ». Selon le site spécialisé Docteur Nuisibles, les rats éliminent environ 800 tonnes de déchets par jour, jouant ainsi un rôle écologique dans la régulation des détritus. Le défi réside donc dans la régulation de leur population, en limitant leurs sources de nourriture et leurs abris. Malgré des siècles d’efforts pour éradiquer les rats, ils continuent de hanter les rues et les sous-sols de Paris. Dommage qu’ils ne soient pas tous des chefs cuisiniers étoilés, à l’instar de mon homologue…

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Sources :

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