, Polémique autour de Lucie et Raymond Aubrac, figures de la Résistance qui ont vécu dans le Val-d’Oise

Polémique autour de Lucie et Raymond Aubrac, figures de la Résistance qui ont vécu dans le Val-d’Oise

Une polémique autour de la mémoire de deux figures historiques qui ont vécu au sein de la commune.

L’association Pour la reconnaissance de Lucie et Raymond Aubrac à Soisy-sous-Montmorency (Val-d’Oise) demande à la municipalité d’installer une stèle pour honorer la mémoire de ces résistants, résidents de Soisy entre 1946 et 1958 dans une maison située au 20, avenue de Paris, au niveau de la station essence Total.

Le maire (Lr) refuse, prétextant des raisons politiques.

La députée (Lfi) s’en est mêlée.

Une situation complexe.

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Le maire se justifie

L’édile a justifié, dans un échange de mails daté de septembre 2025 avec la députée de la 6e circonscription du Val-d’Oise, Gabrielle Cathala, son choix.

J’ai toujours tenu, par principe, à ne nommer aucun espace public du nom d’une personnalité politique, religieuse ou médiatique, quelle que soit sa notoriété ou la légitimité de son combat, pour préserver la neutralité de l’espace public, de prévenir toute forme de polémique ou de réinterprétation historique.

Luc Strehaiano

Une décision contestée par l’association.

N’avez-vous pas renommé, en 2024, sans concertation des habitants, le parc et la résidence Bailly en espace Roger-Faugeron (maire Dvd de 1971 à 1995), une… personnalité politique. Et que dire des salles du Centre culturel Le Trèfle, où Baudelaire, Claudel, Debussy, Monet et Rodin côtoient les mélomanes et les amateurs d’art ?

Association Pour la reconnaissance de Lucie et Raymond Aubrac à Soisy-sous-Montmorency

En plus d’une décision motivée, selon ses dires, par la volonté de ne pas faire de vagues, Luc Strehaiano, en poste depuis 1995, souhaite mettre en lumière diverses « problématiques » autour de ces deux résistants qui ont passé douze années à Soisy.

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Voici la maison de Raymond et Lucie Aubrac, en piteux état. © Evan Margerin

La députée impliquée

L’engagement politique de Raymond et Lucie Aubrac, notamment leur adhésion au Parti communiste français durant la période Stalinienne, demeure problématique. Les historiens s’accordent à qualifier le régime de Staline de totalitaire et responsable de la mort de 15 à 20 millions de personnes. Il serait malvenu de rendre un hommage municipal à des figures qui, à tout le moins, ont soutenu ou fermé les yeux sur cette réalité tragique.

Luc Strehaiano

Enfin, Luc Strehaiano évoque l’histoire de la Résistance comme « pas monolithique. Le rôle exact joué par Raymond Aubrac a fait l’objet de nombreuses controverses et zones d’ombre. A minima, tous s’accordent à considérer un caractère fabulateur aux récits de madame Aubrac ».

Les différents procès en diffamation dont ils faisaient l’objet ont tous été gagnés par les époux Aubrac.

Gabrielle Cathala s’est impliquée dans cette demande faite par l’association.

La députée avait envoyé un premier mail, en juin 2025, pour appuyer la demande de ces habitants, en mettant en avant ces résistants.

« Malgré le passage de ce couple héroïque dans la commune […], aucun hommage ne leur est rendu publiquement », déplore-t-elle.

L’élue souhaiterait, par exemple, une mention d’une rue à leur nom, la pose d’une stèle ou d’un monument « faisant référence à leurs combats dans la Résistance française ou dans la fondation du Mouvement de la paix ».

Stupéfaction

« Stupéfaite » de la réponse du maire en septembre dernier, Gabrielle Cathala s’est fendue d’un nouveau courrier, afin « que soient rappelés des faits historiques qui devraient vous amener à reconsidérer votre position », lance-t-elle à Luc Strehaiano.

Raymond Aubrac […] était un des fondateurs de Libération-Sud, une des huit formations du Conseil national de la Résistance. […] Il fut arrêté par Klaus Barbie et emprisonné aux côtés de Jean Moulin.

Gabrielle Cathala

La députée poursuit son réquisitoire.

Il est ignoble de réduire leurs combats pour la liberté et la restauration de la République à des polémiques calomnieuses.

Gabrielle Cathala

L’élue assure que Raymond Aubrac n’a jamais été encarté dans un parti.

« Votre refus constitue bien, en creux, un choix politique. Je vous invite à mesurer la gravité […] de ce choix. »

Et de conclure : « Êtes-vous certain de vouloir interdire à ces grands Républicains d’être honorés en leur propre demeure ? »

Une association mobilisée

Trois membres de l’association, Fabrice, Angela Esther et Renate, expliquent la façon dont, selon eux, les figures de Lucie et Raymond Aubrac devraient être mises en valeur.
 » Ils avaient beaucoup de courage, ils étaient exemplaires. Ce genre de personnes manque dans notre monde d’aujourd’hui. Ils ne craignaient rien et avaient de profondes convictions humanistes « , indique Renate Trieu, vice-présidente.
Angela Esther Metzger, présidente de l’association, voit en Raymond Aubrac un  » parfait artisan dans l’ombre du combat que ces deux personnes portaient « , quand Lucie Aubrac  » pourrait être un modèle d’ouverture d’esprit et de lutte contre l’oppression pour la jeunesse. Elle n’a jamais hésité à donner son avis, en formant et en informant ses élèves « , la résistante ayant enseigné en tant que professeure d’histoire-géographie au lycée Gustave-Monod d’Enghien-les-Bains.
Pour rappel, Lucie et Raymond Aubrac ont échappé aux nazis à de multiples reprises, parmi lesquels le tristement célèbre Klaus Barbie et la Gestapo, avant d’éditer un journal clandestin (Libération, édité de 1941 à 1964) et de continuer la Résistance à Lyon, avec une autre célèbre figure du mouvement, un certain Jean Moulin.
Une vie commune semée d’embûches dont une partie a donc pris place dans le Val-d’Oise. Dans une lettre ouverte adressée au maire (Lr), Luc Strehaiano, les membres expliquent l’importance de ces figures dans l’histoire de France.
 » Ils incarnent les combats du XXe siècle pour la liberté, la justice et la dignité humaine. […] Leur voix, leur exemple et leur courage nous obligent encore aujourd’hui. « 
Angela Esther Metzger dit ne pas demander la lune.
 » Nous ne voulons ni une rue, ni un espace public mais une simple stèle. Un symbole pour rappeler que notre liberté, nous la devons à celles et ceux qui ont refusé l’inacceptable.
 » La présidente y voit un  » hommage modeste mais nécessaire, pour transmettre aux générations futures le souvenir de leur combat « .

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