L’Étranger, La Peste, La Chute ou encore Le Mythe de Sisyphe : la très grande majorité des Français ont lu au moins un ouvrage d’Albert Camus dans leur vie, que cela soit dans le cadre scolaire ou simplement pour leur plaisir personnel.
Pourtant, si vous n’avez pas effectué d’études littéraires, il est peu probable que vous connaissiez en détail la vie de celui qui est considéré comme l’un des plus grands écrivains de l’histoire de la littérature française, mort tragiquement dans un accident de la route à l’âge de 46 ans.
Un décès qui est survenu à hauteur du petit village de Villeblevin, dans l’Yonne, à moins de cinq kilomètres de la frontière avec la Seine-et-Marne. Récit.
Un choix fatal
Nous sommes le 2 janvier 1960 et Albert Camus vient de passer les fêtes de fin d’année dans sa maison de campagne située dans le petit village de Lourmarin, en Provence, avec sa famille et ses amis, Janine et Michel Gallimard, neveu du célèbre éditeur Gaston Gallimard.
L’heure étant venue de rentrer sur Paris, le prix Nobel de littérature 1957 envisage de prendre le train, mais son ami Michel Gallimard le convainc de le ramener en voiture, après avoir déposé sa femme et ses deux enfants à la gare d’Avignon. Une décision qui lui sera fatale.
En effet, sa famille repartie la veille, c’est finalement le 3 janvier qu’Albert Camus prend la route, en compagnie du couple Gallimard et leur fille, Anne.
Après avoir passé la nuit dans une auberge de la commune de Thoissey (Ain), ils repartent au petit matin du 4 janvier, en empruntant la Nationale 6 (dans le sens Lyon-Sens). Après une halte à l’Hôtel de Paris, à Sens, pendant midi, le quatuor met les voiles, direction Paris.
Et c’est juste après avoir passé Pont-sur-Yonne, au lieu-dit « le Petit Villeblevin », sur l’actuel D 606, aux portes de la Seine-et-Marne, que « l’absurdité d’un accident d’automobile va provoquer la mort d’Albert Camus », comme l’écrit si poétiquement la mairie de Villeblevin, sur son site Internet.
Ainsi, alors que la luxueuse et très puissante Facel Vega de Michel Gallimard roulait vraisemblablement à vive allure, elle aurait dérapé sur un sol mouillé, quitté la route et percuté un premier platane, avant de rebondir sur un second et de se disloquer.

Tué sur le coup
La montre du tableau de bord est bloquée à 13h55 et l’aiguille du compteur de vitesse affiche 145 km/h. Michel Gallimard, grièvement blessé, est transporté à l’hôpital de Montereau-Fault-Yonne, où il décèdera six jours plus tard.
Janine et Anne Gallimard, bien que blessées, s’en sortiront vivantes, Albert Camus, lui, est tué sur le coup : « Coïncidence étrange, c’est un de ses homonymes, le docteur Marcel Camus, de Villeneuve-la-Guyard, qui a constaté sa mort. Son corps fut veillé toute la nuit dans la salle principale de la mairie de Villeblevin », précise la municipalité du petit village icaunais. L’écrivain sera inhumé le 6 janvier à Lourmarin.
En 1967, pour conserver la mémoire de cet événement, l’énorme bloc de pierre de la fontaine située face à la mairie de Villeblevin, fut orné d’un portrait de l’auteur en bas-relief et gravé d’une phrase de Camus : « La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme ».
Sur une autre face de la fontaine, une plaque de bronze indique : « Le Conseil général de l’Yonne, en hommage à l’écrivain Albert Camus, qui fut veillé à la mairie de Villeblevin dans la nuit du 4 au 5 janvier 1960 ».
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