Le second tour des élections municipales dans les Yvelines s’est soldé, dimanche 22 mars 2026, par plusieurs séismes qui se sont répétés entre 22 h 20 et 23 h 30. Tour à tour, les maires sortants Raphaël Cognet (Mantes-la-Jolie), Joséphine Kollmannsberger (Plaisir), Nicole Bristol (Montesson), Julien Chambon (Houilles) et le candidat député que les sondages donnaient gagnant, Karl Olive (Poissy) se sont fait battre par leur adversaire du soir.
Un dégagisme violent comme épilogue d’une campagne où les réseaux sociaux ont joué un jeu de démocratie directe mais avec souvent des abus, des dérapages et des tensions qui ont accentué un vote d’électeurs mécontents.
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À Mantes-la-Jolie, Raphaël Cognet, que le premier tour plaçait pourtant en tête du scrutin, avec 40,65 % des suffrages, n’a pas vu les conséquences directes de son tract diffusé durant l’entre-deux tours qui enflammait les réseaux. Les quartiers populaires contre le centre-ville. Le Val Fourré contre Gassicourt. Avec pour arbitre des appels à voter contre Cognet dans les réseaux bédiéristes.
À Plaisir, la fin d’une maire atypique
Joséphine Kollmannsberger n’a pas résisté à la quinquagulaire à Plaisir. Mot barbare qui désigne les cinq candidats restés à en découdre au second tour dimanche soir. Malgré ses voix d’avance, 31,53 % des suffrages le 15 mars, la maire sortante n’a pas pu résister à Sandrine Carneiro, son ancienne adjointe devenue sa rivale. Avec 41,69 % des suffrages (4 401 voix), cette dernière l’emporte devant la sortante 35,04 % (3 699 voix) qui n’a pas progressé beaucoup entre les deux tours. La fin d’un cycle et d’une maire entière, férue de culture mais dont la gestion a fini par lasser.
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À Montesson, une maire qui n’avait pas que des amis
À Montesson, celle qui succéda à Jean-François Bel, Nicole Bristol n’a pas réussi à rassembler. Face à la jeunesse d’Antoine Lemaire, qui porte décidément bien son nom, la maire sortante n’a pas réussi à l’emporter dimanche soir. Ses pires ennemis auraient dit d’elle, qu’elle serait parfois autoritaire, souvent cassante et toujours inorganisée.
L’occasion était trop belle pour Antoine Lemaire (DVD) d’entrer dans la danse. Et pourtant tout ne fut pas simple pour ce candidat arrivé deuxième au premier tour (41,54 % des voix) mais que la mairie et la préfecture donnaient 3e avec seulement 13 % des voix ! Sa jeunesse et la force de son équipe ont fait le reste en gommant ses 200 voix d’écart avec la maire sortante, définitivement sortie.
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À Poissy, Karl Olive ne chantera plus
Karl Olive a été battu ! Il est rare de l’écrire et de le lire tant « le gamin de Poissy », surnom qu’on lui donne dans la ville, avait forgé sa personnalité par ses victoires et son caractère trempé de meneur audacieux et visionnaire, prêt à tout pour vaincre, jusqu’à le porter dans son prénom.
Pourtant l’ancien maire de Poissy a vécu une soirée cauchemardesque comme ces soirs au Parc des Princes qu’il aime tant, quand le PSG, son club chéri, se fait terrasser dans un match de coupe d’Europe.
Avec 47,04 % des suffrages (6 108 voix) Karl Olive a été lui aussi terrassé par son ancienne adjointe, Sandrine Berno dos Santos qui réalise l’exploit de l’emporter avec 52,96 % des suffrages (6 876 voix). Plus de 700 votes opposent les deux rivaux, anciens complices d’une même équipe qui s’est fracturée dans des ressentiments quasi haineux.
L’ancien maire de Poissy a été battu sur son terrain, celui des réseaux sociaux et des vidéos face caméra diffusées par une adversaire coriace qui a fendu l’armure au bon moment.
Poissy tourne une page gigantesque de son histoire politique pendant six ans. Sans doute la gauche qui n’avait pas de candidat au second tour a fait pencher lourdement la balance sur une musique de « tout sauf Ko ». Lui ne chantera plus.

A Houilles, Chambon roulait-il en Audi Quattro ?
À Houilles enfin, Julien Chambon quitte la scène après six ans passés à la tête de la mairie. Celui qui avait terrassé Alexandre Joly, le maire historique de la ville, n’a pas réussi à poursuivre l’aventure. Sans directeur général des services, ce qui n’est pas rien pour une mairie de cette taille, le maire sortant s’est englué dans une gestion complexe et critiquée que les démissions de plusieurs adjoints ont fini par illustrer.
Sans parler des rumeurs incessantes d’entrisme de la part d’associations accusées de gérer la ville à la place du calife. Il était pourtant arrivé devant au premier tour avec 34,24 % des voix, le dimanche 15 mars. Mais les électeurs ne l’ont pas suivi et ont préféré, Romain Bertrand, qui avec 42,9 % des suffrages (5 910 voix) va tenter de redonner à cette ville la sérénité qui ne se résume pas en une interjection de douleur.
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