, JO de Paris 2024 : huit ans après Rio, la médaille de la « résilience » pour Elodie Clouvel au pentathlon moderne

JO de Paris 2024 : huit ans après Rio, la médaille de la « résilience » pour Elodie Clouvel au pentathlon moderne

La Française de 35 ans a décroché l’argent dimanche. Après un burn out l’an passé, elle a totalement changé sa structure d’entraînement à l’automne dernier. Un choix payant.

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France Télévisions – Rédaction Sport

Publié le 11/08/2024 16:49 Mis à jour le 11/08/2024 16:49

Temps de lecture : 4 min

La joie d'Elodie Clouvel, vice-championne olympique au pentathlon moderne, le 11 août 2024. (LP / JEAN-BAPTISTE QUENTIN / MAXPPP)

« Les bookmakers n’avaient pas beaucoup parié sur elle au départ. C’est la caractéristique d’Elodie. Elle est hors norme. Elle a connu une année très difficile mais sa force, c’est d’être présente sur les grands rendez-vous. » D’une phrase, Amélie Cazé, triple championne du monde de pentathlon moderne et consultante pour France Télévisions, résume l’exploit signé par Elodie Clouvel, dimanche 11 août, devant le château de Versailles. Huit ans après avoir décroché la première médaille olympique française (l’argent) en pentathlon moderne à Rio, la Tricolore de 35 ans a répété cette performance en prenant la deuxième place, derrière la Hongroise Michelle Gulyas et devant la Sud-Coréenne Seungmin Seong.

« Cette médaille a une saveur particulière, celle de la résilience, de la persévérance. Je voulais raconter l’histoire du courage, de l’importance de ne jamais rien lâcher, même quand on est au fond du trou. Parce qu’il y a un an de ça, je voulais tout arrêter », a confié, très émue, Elodie Clouvel, après la cérémonie des médailles. Après sa décevante sixième place à Tokyo en 2021, l’athlète a connu des moments personnels difficiles. Sportivement, elle n’est plus montée sur un podium en Coupe du monde depuis 2022. Et elle a fini la saison 2023 au bord du burn-out.

Alors avec Paris 2024 en vue, et après un gros travail avec sa psychologue Meriem Salmi, la pentathlète décide de tout changer en octobre 2023. « C’est une athlète différente. Quand on lui donnait des entraînements assez communs, elle se perdait en fait. Elle a toujours eu besoin de sur-mesure », justifie Valentin Belaud, pentathlète et compagnon de la vice-championne olympique. Soutenue par la Fédération et l’Agence nationale du sport, Elodie Clouvel monte sa propre structure d’entraînement et quitte l’Insep où elle s’entraînait depuis près d’une décennie. Son compagnon, non retenu pour Paris 2024, la suit dans ce projet. 

« Avant les Jeux, elle me disait qu’elle voulait passer la ligne d’arrivée en étant fière d’elle, en ayant tout donné. Et finalement, ça l’a libérée. Je l’ai sentie plus détendue sur ses quatrièmes JO. »

Valentin Belaud, pentathlète et compagnon d’Elodie Clouvel

à la presse

En quittant l’usine à champions du bois de Vincennes, Elodie Clouvel vogue pour ses entraînements entre Saint-Maur (Val-de-Marne), le Centre national des sports de la défense à Fontainebleau ou encore le Cadre noir de Saumur. « Quand on quitte l’Insep pour travailler différemment, ce n’est pas simple, retrace Valentin Belaud. On a dû aller à la mairie au mois d’octobre pour demander à avoir une ligne d’eau. On a nagé toute l’année au milieu du public. »

Pour assurer sa qualification olympique, Elodie Clouvel multiplie les compétitions, avec des résultats fluctuants. En délicatesse depuis des années avec son tir, elle a souvent vu de bonnes places s’envoler sur la dernière épreuve de laser run. Lors de la finale olympique, la Française est partie en tête sur le parcours de course et tir, avec treize secondes d’avance sur la Hongroise Michelle Gulyas. Sur le premier des quatre tirs, la Française voit « ses vieux démons » revenir et la Hongroise lui chiper la première place. « J’ai mis un peu de temps à me mettre dedans. Il y avait un peu de vent, ça m’a perturbée, décrit la nouvelle vice-championne olympique. Et après le premier tir, j’ai rien calculé, j’ai foncé. »

« Elle a cru en elle. Ils ont cru en leur projet. Et au final, c’est récompensé par une médaille olympique et surtout par la capacité à savoir exprimer qui on est et ce qu’on a fait depuis toutes ces années à l’instant T. »

Amélie Cazé, consultante pour France Télévisions

à franceinfo: sport

Devant une trentaine de membres de sa famille, qu’elle cherchait des yeux avant chaque épreuve, et son compagnon Valentin Belaud, qui n’a pu réprimer des sauts de joie avant même son passage sur la ligne d’arrivée, Elodie Clouvel a offert à la France son avant-dernière médaille des Jeux olympiques de Paris, avant celle des Bleues du basket.

Avec déjà quatre Jeux olympiques à son actif, la Française ne ferme pas la porte à Los Angeles en 2028, après avoir entendu Teddy Riner, du même âge, se projeter sur l’édition américaine. L’épreuve d’équitation y sera alors remplacée par un parcours de course avec obstacles. Mais avant, Elodie Clouvel espère avant tout fonder une famille. « J’ai tellement, tellement attendu, que je vais faire une petite pause. Mais je n’ai pas dit stop. Je me sens bien dans mon corps, bien dans ma tête, je suis redevenue la Elo d’avant. »

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