, Dans l’Oise, Paulette, une centenaire pétillante, chante le récit d’un siècle cousu main

Dans l’Oise, Paulette, une centenaire pétillante, chante le récit d’un siècle cousu main

, Dans l’Oise, Paulette, une centenaire pétillante, chante le récit d’un siècle cousu main

Elle a traversé les époques, les tourments de l’Histoire, les joies de la vie et les chagrins du cœur. À 100 ans, Paulette Thibault rayonne encore dans son village à Montreuil-sur-Thérain, dans l’Oise, entourée des siens.

Le petit village de Montreuil-sur-Thérain, dans l’Oise vient de fêter sa centenaire ! Il s’agit de Paulette Thibault épouse Berger, née le 19 juillet 1925 dans la Marne. Une femme qui vit seule, qui cuisine, qui s’occupe de ses lessives et de son repassage, qui se soucie de son apparence, mais surtout qui sourit. Elle se remémore ses bons souvenirs, ceux de son enfance, de sa vie d’adulte, de femme engagée, de mère, de grand-mère et d’arrière-grand-mère.

Souvenirs à foison

Elle se destinait à des études de comptabilité, mais la guerre et l’évacuation, à 10 km de Soissons, ont mis un terme à sa carrière. De la guerre, elle a gardé des souvenirs vivaces. Paulette évoque, le sourire aux lèvres, le fait que ses parents étaient en voiture avec des voisins, tandis qu’eux, les 3 enfants, étaient à vélo.

Ils ont d’ailleurs dû se cacher dans un fossé suite à un bombardement par les Italiens. “On a hébergé un Anglais pendant 3 mois, car maman faisait partie de la Résistance dans l’Aisne. Même si la peur ne nous quittait jamais, lorsqu’il est parti se cacher ailleurs, à 10 km, j’allais lui porter à manger sur mon vélo.”

Une rencontre poignante

À cette époque, Paulette est restée vivre chez ses parents jusqu’au mariage. En attendant, très croyante, elle s’est investie dans le “scoutisme”. L’homme de sa vie, elle l’a rencontré chez ses voisines avec lesquelles elle brodait son trousseau, coutume très répandue à l’époque. C’était à Marines, dans le Val d’Oise, où ses parents tenaient une boulangerie. Lui, revenait d’Indochine.

Ils se sont fréquentés pendant 17 mois avant de convoler le 25 octobre 1948. La vie s’est poursuivie dans le 12ème arrondissement de Paris, près de Daumesnil, durant 45 ans. La centenaire s’est occupée de ses 2 enfants, consacrée à ses activités de catéchèse ainsi qu’aux personnes âgées, tandis que son mari, devenu VRP, arpentait la capitale.

En 1990, le couple s’est installé dans la maison familiale des Berger, à Montreuil-sur-Thérain : “On était bien ensemble. Comme nous étions tous les deux passionnés de montagne, on allait dans les Alpes en hiver pour skier et en été avec la caravane pour les randonnées. On avait des projets.” Seulement, très rapidement, son mari a déclaré un cancer de la vésicule biliaire et est décédé le 26 mars 1991. Tout s’est déroulé en l’espace d’un mois.

Elle était accueillante et l’est restée : petits-enfants et enfants de voisins réclamant souvent à venir chez elle. “De 1990 jusqu’au Covid, j’ai participé à des activités auprès des personnes âgées et dans l’équipe paroissiale”, confie-t-elle. Ainsi, elle a fréquenté les Ehpad, les maisons de retraite et les hôpitaux pour soutenir les pensionnaires, jouer au nain jaune, à la belote et participer à un club de scrabble. Cette expérience lui fait dire “l’Ehpad, NON”. Le Covid et ses 93 ans lui ont fait abandonner la conduite que ses enfants trouvaient “trop rapide”.

Le secret de sa vitalité

Quel est son secret ? “Je ne me vois pas vieillir et même si j’ai beaucoup de mal à faire les choses, je m’efforce de le faire. Je passe aussi du temps à penser à ma vie d’avant. J’ai des souvenirs magnifiques”, chuchote-t-elle.

Cette femme pleine de vie s’intéresse au monde extérieur, branche la radio dès son lever, lit des revues et regarde la télé. Une aide vient une fois par semaine faire du ménage, une autre vient tondre, sa fille fait les courses et les voisins sont toujours prêts à rendre service. Ses 2 enfants, ses 4 petits enfants et ses 7 arrière-petits-enfants sont présents au quotidien.

Elle demeure indépendante et autonome, mais accepte le vieillissement, admettant avec peine que beaucoup de ses amis sont morts. Néanmoins, Paulette n’a pas toujours été épargnée. Elle a connu la guerre, a perdu son mari, a subi deux opérations pour son cancer de l’utérus et a un fils très malade. Pourtant, elle garde un esprit vif et un œil pétillant, restant positive et appréciant toujours autant les sorties.

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